Elle trône discrètement au rayon des plats préparés, promettant réconfort et facilité. Mais derrière l’emballage coloré et les mentions alléchantes des soupes en brique, se cache parfois une réalité bien moins savoureuse. Un détail souvent négligé sur l’étiquette peut pourtant tout révéler sur sa qualité…
Un coup d’œil suffit : le taux de légumes
C’est LE chiffre à surveiller avant d’acheter une soupe en brique : le pourcentage de légumes. Il se trouve dans la liste des ingrédients, exprimé en pourcentage. Ce simple chiffre vous en dit long sur la réelle valeur nutritionnelle du produit.
Pourquoi est-ce si important ? Parce que dans de nombreuses soupes industrielles, les légumes sont largement minoritaires. À leur place : de l’eau, des épaississants et des additifs savamment dosés pour donner l’illusion d’un velouté riche et nourrissant.
Des soupes qui cachent bien leur jeu
Sur l’étiquette, tout semble parfait : “velouté 9 légumes”, “recette naturelle”, “sans conservateur”. Mais la réalité est souvent trompeuse. Selon l’UFC-Que Choisir, de nombreuses marques – notamment les marques de distributeurs comme Lidl, Aldi ou Intermarché – obtiennent des scores inférieurs à la moyenne en matière de qualité.
Un exemple frappant ? Le velouté 10 légumes de la marque Toque du Chef (Lidl), noté 8,7/20 seulement. Malgré la promesse de 25 % de légumes, il contient en réalité 9 % de pommes de terre… qui ne sont pas des légumes mais des féculents. Le reste provient majoritairement de l’eau.
Pommes de terre : un faux ami
La pomme de terre est souvent intégrée dans le calcul des légumes, mais il s’agit en réalité d’un féculent. Cette astuce permet aux fabricants de gonfler les chiffres sans améliorer la valeur nutritionnelle.
Il est donc essentiel de distinguer la part réelle des légumes (carottes, poireaux, oignons, etc.) de celle des pommes de terre. Une soupe peut afficher “25 % de légumes”, alors qu’en réalité seuls 10 % sont de véritables légumes, et le reste… du marketing.
Des épaississants pour tromper la texture
Autre ruse des industriels : l’ajout d’épaississants. Ces ingrédients donnent une sensation de consistance et de richesse, tout en masquant la pauvreté en légumes. Les plus courants ?
- Fécule de pomme de terre
- Amidon de riz transformé
- Amidon de maïs
Résultat : la soupe semble onctueuse, mais c’est une illusion. On croit manger un plat nourrissant, alors qu’il s’agit surtout d’eau épaissie avec un soupçon de légume.
Comment repérer une bonne soupe en brique ?
Corinne Huteau, diététicienne, recommande une approche simple et efficace : regarder en premier la quantité de légumes. Plus elle est élevée, meilleure est la soupe.
Un bon exemple : le velouté “Nos campagnes bio” de La Potagère contient 58 % de légumes, dont :
- 15 % de carottes
- 14 % de pomme de terre
- Le reste en oignons, haricots verts, chou-fleur et poireaux
Les vrais légumes y sont bien représentés, et la proportion de pomme de terre reste équilibrée.
Les pièges à éviter au supermarché
Voici quelques signes d’alerte à repérer rapidement :
- Un taux de légumes inférieur à 30 %
- Présence d’arômes artificiels et sirop de glucose
- Une longue liste d’additifs ou épaississants
- Trop de sel (une portion ne devrait pas dépasser 1 g de sodium)
Et surtout, fuyez les mentions trop séduisantes comme “aux 10 légumes” sans vérifier les détails.
Un geste simple pour manger mieux
On pourrait croire qu’il faut passer des heures à lire des étiquettes. Mais en réalité, deux secondes suffisent : repérez le pourcentage de légumes, vérifiez la place des pommes de terre, et limitez les additifs.
Une soupe en brique peut être un bon choix… si elle est bien choisie. À vous désormais de séparer les fausses promesses des vraies recettes nourrissantes.




